La créatine fait-elle perdre les cheveux ? Les données disponibles ne permettent pas d’affirmer qu’elle provoque une chute de cheveux. Un essai publié en 2025 n’a pas observé de différence entre créatine et placebo sur les paramètres capillaires suivis. Cela mérite une explication plus précise qu’un « oui » ou un « aucun risque ».
D’où vient la question de la DHT ?
En 2009, une petite étude auprès de 20 joueurs de rugby a mesuré les hormones après trois semaines de supplémentation, avec une phase de charge. Elle a observé une augmentation de la dihydrotestostérone, ou DHT. Elle ne mesurait pas la chute de cheveux. Passer d’une variation hormonale à la conclusion « la créatine rend chauve » dépasse donc ce que cet essai a étudié. Étude de van der Merwe et collaborateurs, 2009.
Ce que l’essai de 2025 a réellement vérifié
L’essai randomisé en double aveugle de Lak et collaborateurs a recruté 45 hommes de 18 à 40 ans pratiquant la musculation ; 38 l’ont terminé. Pendant douze semaines, ils ont reçu soit 5 g de créatine monohydrate par jour, soit un placebo. Les chercheurs ont mesuré les hormones et plusieurs paramètres des cheveux, dont la densité et l’épaisseur cumulée. Ils n’ont pas détecté de différence significative d’évolution entre les groupes pour la DHT ou ces mesures capillaires. Essai complet, publié en 2025 dans le Journal of the International Society of Sports Nutrition.
Les limites comptent : petit effectif, hommes seulement, suivi de douze semaines et antécédents familiaux de chute non renseignés. Les résultats sont rassurants dans ce cadre ; ils ne démontrent pas ce qui se passe à toutes les doses, chez toutes les personnes ou après plusieurs années.
Une chute qui commence après un achat n’identifie pas sa cause
Une succession dans le temps n’est pas une preuve de causalité. Au moment de commencer un complément, on peut aussi modifier l’alimentation, l’entraînement ou d’autres habitudes. L’American Academy of Dermatology décrit de nombreuses causes possibles de chute, notamment héréditaires, liées à certaines maladies, à des médicaments ou à un épisode de stress. Certaines se manifestent avec un décalage. Les causes de chute présentées par l’AAD.
Si vous constatez une chute nouvelle ou persistante, surtout par plaques ou avec une gêne du cuir chevelu, faites-la évaluer par un médecin ou un dermatologue. Notez sa date de début, les produits utilisés et les changements récents pour préparer l’échange. Le diagnostic repose sur cet historique et l’examen, parfois complétés par des analyses ; un article commercial ne peut pas le remplacer. Comment les dermatologues recherchent la cause d’une chute.
Ce que cette question change pour choisir une créatine
Elle ne justifie pas de payer davantage pour une formule présentée comme « spéciale cheveux ». Pour comparer les produits, vérifiez la forme exacte, la composition, le poids du pot et le prix à quantité identique. Ne confondez pas non plus une créatine seule avec un mélange de plusieurs ingrédients : l’essai ci-dessus ne permet pas d’évaluer n’importe quel produit portant le mot créatine.
Notre guide d’achat de créatine au Maroc explique la comparaison des formats. Le dossier créatine monohydrate : données et utilisation traite séparément des usages étudiés et des précautions. Les prix et disponibilités figurent dans le rayon créatine.
Trois questions fréquentes
Une hausse de DHT prouve-t-elle une perte de cheveux ?
Non. Ce sont deux critères différents. Il faut examiner les cheveux eux-mêmes et comparer les résultats dans des conditions adaptées, plutôt que transformer une mesure hormonale isolée en diagnostic.
Changer de marque est-il une solution à une chute ?
Un changement de marque ne remplace pas la recherche de la cause. Apportez au professionnel de santé la liste exacte de vos compléments et traitements plutôt que de multiplier les essais.
Faut-il commencer un complément « antichute » en même temps ?
Il n’y a pas de raison d’ajouter automatiquement un second produit pour compenser un effet supposé. Faites d’abord préciser la situation et les besoins éventuels.
Sources consultées le 18 octobre 2026. Article d’information générale, sans diagnostic ni conseil de traitement personnalisé.



