Après les protéines, place aux fibres — illustration originale

Après les protéines, place aux fibres : faut-il suivre la tendance « fibermaxxing » ?

Dossier mis à jour le 6 septembre 2026.

Le « fibermaxxing » consiste à chercher à manger davantage de fibres. L’idée peut être utile si l’alimentation en manque ; la course au chiffre le plus élevé l’est beaucoup moins. La bonne question est de savoir comment diversifier ses repas tout en gardant un transit confortable.

Les fibres ne se résument pas à une poudre

On les trouve dans les légumineuses, les céréales complètes, les fruits, les légumes, les graines et les fruits à coque. Ces aliments apportent aussi d’autres nutriments et participent à la variété des repas. L’OMS propose, pour les personnes de plus de 10 ans, au moins 25 g de fibres naturellement présentes dans les aliments chaque jour. Ce repère n’est pas une invitation à doubler son apport du jour au lendemain. Source : recommandations alimentaires de l’OMS.

Pour une personne qui mange surtout du pain blanc, peu de légumes et rarement des lentilles, ajouter plusieurs grosses portions de légumineuses et un complément de fibres le même jour peut être inconfortable. La progression permet de distinguer ce qui est bien toléré de ce qui doit être ajusté.

Une progression en trois étapes, sans obsession des grammes

ÉtapeUn changement à essayerCe que l’on observe
CommencerAjouter un fruit entier ou une portion de légumes à un repas habituelConfort digestif, faim, facilité à répéter le geste
DiversifierIntroduire une petite portion de lentilles ou de pois chiches, puis l’augmenter selon la toléranceBallonnements, transit et plaisir de manger
InstallerAlterner pain plus complet, avoine, légumineuses et légumes plutôt que dépendre d’un seul produitRégularité sur plusieurs semaines

Les étapes ne correspondent pas à un calendrier médical obligatoire. Si un changement passe mal, revenir à la quantité précédente et demander conseil si les symptômes persistent. Boire régulièrement accompagne la démarche ; les personnes ayant une restriction hydrique suivent leur prescription.

À quoi cela ressemble dans une journée marocaine ?

Au petit-déjeuner, garder le pain et ajouter un fruit entier, ou préparer de l’avoine avec un laitage. À midi, compléter un plat de légumes avec des lentilles ou des pois chiches. Le soir, une soupe contenant de vrais morceaux de légumes et des légumineuses change d’un bouillon seul. Une petite poignée de noix peut compléter la journée si elle convient au budget et aux allergies.

Il n’est pas nécessaire de changer tous les repas en même temps. Une loubia, une salade de lentilles ou un couscous généreux en légumes peuvent déjà s’inscrire dans cette logique. Le contexte compte : une salade noyée dans une sauce sucrée et un biscuit enrichi en fibres ne deviennent pas équivalents simplement parce qu’un chiffre de fibres apparaît sur leur étiquette.

Lire les emballages avec la portion réellement mangée

Si un produit annonce 12 g de fibres pour 100 g et que la portion consommée est de 25 g, elle apporte 3 g de fibres. Comparer la portion évite d’attribuer à un petit snack la valeur d’un paquet entier. Regarder également les ingrédients, les sucres et la tolérance aux polyols ou fibres ajoutées.

Un produit enrichi peut avoir sa place. Il devient moins intéressant s’il coûte beaucoup plus cher, remplace systématiquement les aliments ordinaires ou provoque un inconfort qui empêche de tenir la routine.

Quand une démarche personnalisée est préférable

Des douleurs importantes, du sang dans les selles, une perte de poids inexpliquée ou un changement durable du transit méritent un avis médical. Une maladie digestive connue, des difficultés à avaler ou un traitement particulier peuvent aussi imposer une adaptation. Ajouter du psyllium sans lire ses précautions ne constitue pas une solution universelle.

Pour prolonger : notre guide sur le psyllium et une semaine de menus avec des aliments accessibles. L’objectif est une habitude confortable, pas un record de fibres.

Illustration originale générée par IA.